Qu‚Äôest-ce qui a √©t√© inaugur√© en grande pompe √† Vissoie en ao√Ľt 1971?

[Attroupement anniviard devant le centre scolaire et son réfectoire].

A l'√©poque, nous sautions dans le bus du matin pour l'√©cole et remontions manger √† la maison √† midi. Le centre scolaire d'Anniviers avait √©t√© inaugur√© 5 ans plus t√īt en ao√Ľt. C'est depuis cette ann√©e-l√†, en 1971, que tous les petits anniviards se retrouvent ensemble chaque jour pour de longues, bien longues, ann√©es d'√©cole obligatoire. Etait-ce le pr√©lude √† la fusion d'aujourd'hui? Le centre scolaire, le changement de vie et de mentalit√© qui en d√©coulent, y a sans aucun doute largement contribu√©. S'il a particip√© √† l'abolition de stupides rognes de clochers et favoriser une entente cordiale, une coop√©ration entre gens de la vall√©e ind√©pendamment de nos couleurs et de nos villages, c'est tout b√©nef.

Avant la fusion d'ailleurs, la vallée économico-politique avait déjà uni ses forces pour collaborer, pour la création et la gestion de la STEP, pour la création de Sierre-Anniviers Tourisme [version 1.0, AIDA en Anniviers], pour la gestion des remontées mécaniques, par exemple.

Avant le centre scolaire, les enfants se réunissaient dans la petite école villageoise, un même régent pour tout ce petit monde. Et lorsque le village transhumait, le régent chargeait sa mule comme tout le monde. L'école reprenait ses droits en plaine, le même cercle d'élèves dans un lieu simplement différent.

Durant les ann√©es 70, les enfants d√®s 4 ans prenaient le bus tous les matins pour rallier Vissoie. Aujourd'hui, les classes enfantines - les enfants de 4 √† 6 ans - restent au village, chacun des 2 niveaux occupant une partie de la journ√©e de notre ma√ģtresse d'√©cole, Virginie. Ce qui fait maintenant sourire les grimentzards, c'est d'observer le mini-bus scolaire faire le chemin inverse: il nous monte les plus petits de St-Jean.

Lié à la question précédente, une mini-révolution 20 ans plus tard, quelle fut-elle?

J'avais quitt√© la vall√©e pour une bonne vingtaine d'ann√©es lorsque la deuxi√®me √©tape s'est mise en place. Par ou√Į-dire, je pense malgr√© tout pouvoir dire que le d√©bat avait √©t√© passionnel. L'horaire continu a d√Ľ marquer plus d'une maman jusqu'au tr√©fonds de son coeur. Un changement de vie familiale aussi radical que le pr√©c√©dent. Ses enfants ne rentreraient plus partager la table de midi. Or, ce fut surtout au centre de la vall√©e qu'on opposa la plus grande r√©sistance √† cet am√©nagement car, dans les villages distants, la course contre le temps √©tait incessante, inutile, pesante comme un sac d'√©cole.

En revanche, le temps des petits ch√©rubins pass√© √† voyager sur les routes se r√©duisait du m√™me coup de moiti√©. Le temps √† subir le trajet! La pause de midi pouvait ainsi √™tre √©court√©e, l'√©cole reprendre un peu plus t√īt, mais surtout la journ√©e se terminer plus tranquillement. Les enfants aujourd'hui regagnent Grimentz en car vers les 15h00, ce qui laisse une bonne place aux devoirs et aux le√ßons, mais surtout aux activit√©s annexes - sportives ou culturelles - et √† la d√©tente!

Vous dire que j'aimerais retourner à l'école serait un très gros mensonge. Mais le vivre dans ces conditions, ça oui, je l'aurais bien voulu!


En 1976, le 17 janvier fut un samedi. Je crois bien qu'alors nous avions congé le jeudi après-midi, que nous allions à l'école le samedi matin. Toujours est-il que le rendez-vous du Boconett avait lieu sur le coup des midis [ceci expliquerait-il la généreuse portion de pain et de fromage reçue par ces garnements? ou le phénomène n'est-il que la résultante d'une illusion d'optique dans de si petites mains?].

Désormais, le rendez-vous à lieu à 15h00, quel que soit le jour de la semaine, mais toujours au même endroit. C'est pourquoi on donne cet après-midi rendez-vous à tous les petits enfants qui n'ont pas encore fait leur première communion à cette heure précise devant la bourgeoisie!



PS. Romaine, j'adore ton bonnet! Tu nous le ressors un jour? LOL