A l'occasion des 100 ans de l'association qui regroupe nos fidèles valaisans, mais surtout du fameux "Comptoir" [la Foire du Valais en franco-français], les guides s'encanaillent et en profitent pour se présenter, eux et leur nouveau costume. A cette occasion aussi, les projecteurs se focalisent une fois de plus... ben... sur ma belle-sœur, Séverine Salamin Bornet, guide de montagne de son état.

Elle doit souvent se dire qu'escalader le Cervin comme première de cordée n'est aujourd'hui plus rien en comparaison du long chemin qui l'a portée jusqu'à la reconnaissance de ce fameux soir de la photo ci-dessus. Elle ne s'est pas arrêtée là pour autant et poursuit avec un oeil parfois narquois son chemin. Morceaux choisis:

Les femmes guides sont encore rares. Le milieu de la montagne serait-il machiste? Ça s'ouvre gentiment... Quoique depuis 2006, il n'y a plus eu de femmes qui ont terminé le cours et il n'y en a aucune à ma connaissance qui est en formation! Les femmes n'ont pas forcément l'idée ou le culot de s'y lancer. C'est bien connu que lorsqu'on se lance dans cette formation, on s'attaque à quelque chose de gigantesque! Et forcément on y laisse des plumes...

Emboîter le pas d'une femme guide peut aussi offrir des situations cocasses selon la sensibilité du client:

Comme ce client qui refusait de poser son pied sur ma cuisse pour désescalader un petit passage difficile; ça m'a tellement fait rire!

Je la vois trop raconter l'anecdote. ;-)

Bref, l'intégral de Séverine en page 2.


Anniviers compte un autre phénomène extraordinaire dans le domaine: Esther Wiget.

Esther est aussi guide de montagne, tout comme mère de famille. Nous avons médiatiquement retrouvé la trace d'Esther du côté du Bas-Valais. Séverine prof, Esther éducatrice, toutes les 2 guides, est-ce à dire que ce métier tient beaucoup du social? On est bien loin de l'image d'Epinal un peu bourrue qu'on accorde à leurs ancêtres de métier, non? Je vous propose de revenir sous peu sur cette question avec un autre exemple Anniviard, propre à démystifier cela.

Esther prouve carrément la première affirmation de Séverine, puisque ce n'est pas elle qui a cru en elle lorsqu'elle s'est lancée dans l'aventure, mais son frère, Flo. Elle semble aujourd'hui pouvoir se réaliser comme peu de personnes entre ses 2 métiers et sa vie de famille.


Évidemment, on est pas tous guides de montagne, mais comment ne pas comprendre lorsqu'elles parlent de passion?




PS. Ne l'ayant toujours pas terminé, je ne peux néanmoins que vous recommander la lecture du livre du guide, Guy Genoud. Guy y raconte de nombreux épisodes de sa vie - qu'on ne pourrait à aucun moment cantonner à un univers strictement professionnel - avec beaucoup d'humilité et une écriture, sensible, intelligente et pleine de charme. La plupart de ses récits mettent en scène des personnages de notre vallée qu'on apprend, dès lors, à connaître sous un angle différent.

Itinéraire d'un guide de haute montagne, c'est aux Editions Porte-Plume.